Ceci n’est pas une pipe

Parce qu'il René Magritte ne se résume ni au Surréalisme René Magritte mérite d'être

Ceci n’est pas une pipe

René Magritte, la trahison des images, rétrospective au Centre Pompidou

du 21/09/2016 au 23/01/2017
la note :      

On a tous une image de Magritte en tête. Bien souvent elle est plutôt stockée dans l’espace « illustrations de boîtes à biscuits » de notre mémoire ou tout au moins dans la case « jolis produits dérivés ».

Eventuellement, on pense aussi à Magritte comme à l’un des rares Surréalistes à l’aura sympathique.

Son travail a le charme immédiat de celui de Dalì, ils partagent d’ailleurs un certain sens du kitsch, mais René paraît onirique quand Salvador est cauchemardesque.

Il n’est pas inutile de porter un regard neuf sur l’œuvre de Magritte. C’est là où la rétrospective prend tout son sens. Elle nous débarrasse de bien des préjugés et des idées reçues quant à cet artiste belge plein d’esprit. L’exposition nous donne à voir des œuvres qu’on ignorait et d’autres dont on avait oublié l’effet. Les reproductions pléthoriques de Magritte en viennent à édulcorer l’œuvre, à la réduire à une caricature qu’un face-à-face avec les originaux permet de faire voler en éclat.

Magritte est un intellectuel. Il produit de la pensée en images et en texte. Son sens des titres donne un éclairage souvent inattendu aux œuvres. La drôlerie n’éclipse jamais l’intelligence. Magritte nous donne matière à réfléchir, il invite à regarder autrement les univers qu’il propose et par effet de contagion le monde qui nous entoure.

Le commissaire Didier Ottinger défend fermement ici l’idée d’un Magritte philosophe, proche de la pensée théorique. On ne se laisse pas nécessairement convaincre mais c’est un prisme qui lui permet d’articuler une exposition jouissive. Si on ne suit pas vraiment la logique de l’accrochage, la scénographie et la qualité du choix des œuvres suffit à enthousiasmer. Et doit-on l’avouer ? A acheter des objets dérivés à la boutique en fin de parcours…

Métadata

a lire également