Qui a peur de Taryn Simon ?

Taryn Simon est une belle femme à la longue chevelure brune, jeune, new-yorkaise. Taryn Simon…

Qui a peur de Taryn Simon ?

Exposition Taryn Simon au Jeu de Paume

la note :      

Taryn Simon est une belle femme à la longue chevelure brune qui n’est pas sans évoquer Eva Green (vous la verrez dans la vidéo drôle et légèrement glaçante Cutaways, 2012).

Taryn Simon est jeune (elle est née en 1975) et new-yorkaise.

Taryn Simon est une artiste que l’on pourrait qualifier de conceptuelle et qui utilise, mêle et maîtrise la photographie, le texte et le design graphique.

Il ne faut pas avoir peur de Taryn Simon ! Son travail, d’ailleurs reconnu internationalement, est follement intéressant. Elle cherche inlassablement dans les interstices de nos sociétés pour trouver le sens, inscrire la trace, interroger le visible, questionner les images. Taryn Simon avance comme un chercheur infatigable mais injecte de l’humanité, son humanité, et une réflexion esthétique qui abolissent la froideur du scientifique et le côté poussiéreux de l’archive.

Le Jeu de Paume présente des extraits de ses principaux travaux. Certains sont plus immédiats (The Innocents de 2002 par exemple, série de portraits d’Américains victimes d’une erreur judiciaire suite à une mauvaise interprétation d’images et photos par des témoins) que d’autres (et notamment la série A living man declared dead and other chapters I-XVIII, 2008-2011) à percevoir. Il faut prendre son temps, lire les légendes, les cartels ; et par là-même suivre Taryn Simon. Le parcours est un peu paranoïaque mais jamais dénué d’humour. En prenant son temps, on ressort donc un peu changés, amusés, touchés par cette exposition étonnante.

Remercions une fois de plus le Jeu de Paume, lieu de multiples découvertes artistiques dans le champ de la photo et de la vidéo. Encore une fois ce sont deux expositions très contrastées qui voisinent (au rez-de-chaussée Florence Henri, figure d’avant-garde de l’entre-deux-guerres, au premier étage Taryn Simon donc) et qui pourtant semblent dialoguer. Que l’on soit touché esthétiquement ou pas par les expositions proposées, elles nous procurent toujours un supplément d’âme.

Métadata

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