Wonder woman

Clara a vécu toute sa vie d'épouse, de mère et maintenant de veuve dans un…

Wonder woman

Aquarius, un film de Kleber Mendonça Filho

sortie le 28/09/2016
la note :      

Aquarius commence par un flashback sans prévenir et l’on croit d’abord à un film d’époque. Nous sommes dans les années 70 à Recife, ville côtière du Brésil.

Cette brève incursion dans le passé est là pour planter le personnage principal, Clara, celle qui est un enfant et une vieille dame, une femme forte et fragile, une femme qui a affronté sa vie, la maladie, la mort de son mari. Mais cette introduction installe aussi le décor : un appartement d’un de ces jolis immeubles construits dans les années 40 pour la classe moyenne aisée.

Clara et son appartement. Voilà tout l’enjeu du film à première vue. Cela paraît anecdotique. Mais petit à petit, à son rythme propre, le film nous amène au-delà de cette histoire individuelle et familiale, et nous laisse deviner les enjeux d’un Brésil contemporain prêt à sacrifier son histoire et ses valeurs pour de l’argent, un pays qui sous des airs de paradis est pourri par la corruption et dont la croissance ne sert que les plus vils.

Porté par l’immense actrice brésilienne Sonia Braga, la soixantaine sublime, qui doit avoir un caractère aussi trempé que celui de son personnage, le film irradie par sa justesse, son intelligence, sa tension douce. Oui Clara est dure, égocentrique, nostalgique mais c’est une guerrière. Elle ne cèdera pas, elle a le parjure en horreur. Sa droiture la met en danger, elle le sait, le sent, elle a peur mais elle lutte. On sent que le réalisateur, Kleber Mendonça Filho, glisse ici une parabole, un espoir pour sa ville et son pays, qu’il aime tant et dont la déliquescence l’affecte profondément.

Aquarius est un film politique autant qu’intimiste, aussi brésilien qu’universel. Aquarius est un film nécessaire et beau.

Métadata

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