Le présent de l’ennui

Nathalie est prof de philo dans un lycée parisien. La cinquantaine tranquille, partagée entre l'enseignement…

Le présent de l’ennui

L'avenir, un film de Mia Hansen-Løve avec Isabelle Huppert

sortie le 06/04/2016
la note :      

Nathalie est une prof de philosophie appréciée de ses élèves. Admettons, même si les scènes de cours sont peu convaincantes sur la forme et creuses sur le fond.

Elles sont loin les années où elle était révoltée et communiste qu’Heinz, son mari, lui aussi prof de philo mais version conservateur immuable, aime lui rappeler.

La cinquantaine paisible, partagée entre édition et enseignement, son époux et ses grands enfants, Nathalie est simplement tyrannisée par sa vieille mère, ce qu’elle laisse faire platement.

Cet équilibre feutré est mis à mal lorsque Heinz quitte Nathalie. Elle trouve alors une liberté qu’elle n’a sans doute jamais connue et celle-ci prend la forme d’un précipice de solitude. Plus ça va, plus dure est la chute puisque d’autres composantes de son existence tendent aussi à s’effondrer. On voit donc une femme d’âge mûr confrontée à une nouvelle vie qu’elle n’a pas choisie issue du délitement de la précédente.

La femme confrontée à l’usure du temps est un beau sujet mais traité de façon si insipide et peu incarnée dans L’Avenir que le film empêche toute empathie. On sombre doucement dans la torpeur et l’ennui. On reste en distance là où on embarquait avec bonheur aux côtés de Catherine Deneuve dans Elle s’en va, où l’on s’émouvait avec Karin Viard dans Lulu femme nue.

La platitude des personnages, la faiblesse des situations, l’inanité des dialogues et le numéro maintenant lassant d’Huppert nous plongent dans une indifférence qui, le film passant (lentement), tend à l’irritation. L’Avenir est l’échec d’un certain cinéma français qui se voudrait intelligent et ne parvient qu’à être vain. N’est pas Desplechin qui veut.

Métadata

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