Les malheurs des pervers narcissiques

Christophe Honoré s'attaque au roman emblématique de la Comtesse de Ségur et en même temps…

Les malheurs des pervers narcissiques

Les Malheurs de Sophie, un film de Christophe Honoré

sortie le 20/04/2016
la note :      

On garde un souvenir vaguement exaspéré et légèrement attendri de nos lectures petite fille de la Comtesse de Ségur et notamment de l’héroïne allègrement peste et terriblement malchanceuse qui porte mal son nom, Sophie. On soupçonne la désuétude de l’ouvrage et on croit se souvenir d’un style ampoulé mais cela avait sans doute participé à la fascination et à l’exotisme.

La nostalgie est là avec élégance dans l’adaptation de Christophe Honoré mais n’aboutit qu’à un film bancal et ennuyeux, qui n’échappe à la fadeur que par la détestation des enfants qu’il suscite chez le spectateur et aux interventions irrésistibles de quelques adultes aussi cinglés qu’attachants. On retient une petite galerie de personnages et quelques performances d’acteurs : la permissive et douce Madame de Fleurville incarnée par une Anaïs Demoustier parfaite et inspirante, le toqué, sinophile et ecclésiastique Père Tuc porté par le délirant et adorable Michel Fau, l’égoïste et coquette marâtre que Muriel Robin investit non sans plaisir et fantaisie. Pour le reste, c’est joli mais ça ne prend pas.

Les incursions de l’animation sont mignonnes mais bien vaines.

La musique d’Alex Beaupin n’est pas sans évoquer celle des séries d’animation japonaises fleuves et pas nécessairement de bonne qualité de notre enfance télévisuelle.

Et l’adaptation est faite dans une langue qui ne choisit pas son camp entre littéraire et naturel. Les enfants, petits singes insupportables et apparemment incontrôlables, semblent réciter bon gré mal gré des tirades qu’ils ne comprennent pas ou dont ils se moquent éperdument.

Vivent les adultes et faisons fi des malheurs de Sophie.

Métadata

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