Dans le flou

Trois hommes en frac blanc, entre chic suranné et cheap cabaret, trois poètes. Dadaïstes, avant-gardistes,…

Dans le flou

Par-delà les marronniers, une pièce de Jean-Michel Ribes

du 15/03/2016 au 24/04/2016
la note :      

Par-delà les marronniers s’annonce comme une revue. On ne sait pas trop de quoi il s’agit mais on se réjouit à l’idée de retrouver Michel Fau dans un univers de music hall. Par ailleurs, sans plébisciter tout ce que fait Jean-Michel Ribes en tant que metteur en scène, on lui tire notre chapeau pour son travail de directeur-programmateur du Théâtre du Rond-Point.  En effet, qui mieux que lui brouille les pistes entre théâtre public et théâtre privé, jeunes talents et vieux de la vieille, divertissement et matière à penser ?

Sur le grand plateau de la salle Renault-Barrault, trois hommes en smoking blanc. Trois poètes maudits, étoiles filantes de l’avant-garde du début XXème : Arthur Cravan, Jacques Vaché et Jacques Rigault. Ils parlent à tour de rôle et les portraits se dessinent avec leurs mots et leur irrévérence, leur verve et leur destin tragique.

Nul besoin de s’étendre ici sur les interventions féminines à la limite de la misogynie et quoi qu’il en soit d’une médiocrité assez gênante.

On sent l’attachement sincère de Ribes à ces artistes mais il échoue malheureusement à nous le transmettre faute de partis pris assumés. Ni cabaret foutraque qui assumerait l’outrance des poètes, ni spectacle résolument mélancolique, Par-delà les marronniers oscille entre mauvais goût d’un music hall manquant de moyen et essai poético-théâtral sur le désenchantement.

La mayonnaise ne prend pas, le spectacle patine, les comédiens, même bons comme D’Abboville ou Fau, se prennent les pieds dans des décors encombrants. Seul le chapitre consacré à l’art fonctionne et nous laisse entrevoir alors ce qu’aurait pu être le spectacle ambitionné par Ribes. Dommage.

Métadata

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